Remise des insignes à Mme Bergman et à M. Pliszkiewicz [pl]

Remise des insignes
de chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur à Mme Eleonora Bergman,
d’officier dans l’Ordre national du Mérite à M. Marek Pliszkiewicz,

(Résidence de France, le 25 octobre 2012)

Monsieur le Premier ministre,
Madame le Ministre,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Maréchal,
Madame la Directrice, Monsieur le Professeur,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer deux éminentes personnalités polonaises, Mme Eleonora Bergman et M. Marek Pliszkiewicz, qui ont été distinguées par la France dans l’Ordre de la Légion d’Honneur et dans l’Ordre national du Mérite.

L’Ordre national de la Légion d’Honneur a été institué par Napoléon Bonaparte en 1802 et l’Ordre national du Mérite par le général de Gaulle en 1963. Ces deux ordres nationaux français récompensent les mérites de personnalités ayant contribué de façon exemplaire au rayonnement de la France et des valeurs universelles qu’elle défend et qu’elle promeut.

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Madame la Directrice, chère Eleonora Bergman,

Née à Łódź, vous effectuez vos études à Varsovie, à l’École d’Architecture, dont vous sortez diplômée en 1971.

Vous vous vouez dès lors à la préservation du patrimoine historique polonais, comme chercheur associé et chef de projet pour les ateliers nationaux sur la conservation des monuments historiques en Pologne, pendant plus de dix ans.

En 1988 vous rejoignez le Conservatoire régional de Varsovie sur le patrimoine historique juif et menez alors des recherches sur la préservation et la réhabilitation des cimetières juifs, tâche colossale, beaucoup d’entre eux se trouvant à l’abandon.

Vous rejoignez ensuite l’Institut Historique Juif de Varsovie, dont vous deviendrez la directrice adjointe, puis la directrice.

Votre expertise de l’héritage juif en Pologne vous amène alors à donner de très nombreuses conférences de par le monde consacrées à ce patrimoine unique, aux si nombreuses synagogues qui s’inscrivaient autrefois dans le paysage polonais, aux cimetières qui témoignent encore aujourd’hui de l’empreinte laissée dans ce pays au cours des siècles par les Juifs polonais et à l’enjeu de la préservation de ses sites qui recèle une partie de la mémoire polonaise et européenne.

Parmi ces sites, vous avez notamment participé comme consultante à la restauration du cimetière juif de Wyszków – ville natale de Mordechai Anielewicz, dont la moitié de la population d’avant-guerre était juive et a été exterminée par les nazis – et du cimetière d’Ożarów, l’un des plus anciens cimetières juifs de Pologne. Vous avez également fortement contribué à la réhabilitation des maisons de la rue Próżna au cœur de ce qui fut le ghetto de Varsovie.

Vous avez été, en 2001 à Berlin et un an plus tard à New-York, commissaire de l’exposition des archives Ringelblum, dont vous avez préparé l’édition intégrale et qui ont été inscrites par l’UNESCO au registre de la « Mémoire du Monde » pour leur portée universelle dans l’histoire de l’humanité.

Membre du Conseil de la Fondation Auschwitz-Birkenau depuis 2009, vous vous êtes également engagée dans l’éducation des jeunes générations du monde entier à la mémoire de la Shoah.

Vous êtes par ailleurs l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire et à l’architecture des synagogues de Pologne.

Madame la Directrice, chère Eleonora Bergman, vous êtes l’une des spécialistes les plus éminentes du patrimoine juif en Pologne. Vous avez su mettre en valeur dans les fonctions que vous avez occupées, la richesse et l’ancienneté de celui-ci ainsi que sa part, toujours présente, toujours visible, dans l’héritage historique polonais.

Votre contribution exceptionnelle, votre engagement sans faille, dans la sauvegarde et la redécouverte de ce patrimoine culturel, qui n’est pas seulement polonais, qui n’est pas seulement celui de l’Europe, mais qui est celui de l’humanité, vous valent aujourd’hui d’être décorée par la France dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.

Eleonora Bergman, au nom du Président de la République, nous vous faisons chevalier de la Légion d’Honneur.

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Docteur, cher Marek Pliszkiewicz,

Natif de la ville de Sochaczew en Mazovie, vous effectuez des études de droit à l’Université de Varsovie, dont vous sortez diplômé en 1966.

Après un stage de deux ans au tribunal de Varsovie, vous intégrez en 1968 l’École doctorale de l’Institut des Sciences juridiques de l’Académie polonaise des Sciences. Maître de conférence à cet Institut en 1972, vous soutenez en parallèle une thèse à la Faculté internationale pour l’Enseignement du Droit comparé de l’Université de Strasbourg.

En 1996, vous rejoignez la chaire de droit de l’Université d’Économie de Katowice avant d’exercer dans cette Université les fonctions de directeur du Centre de recherches et d’études européennes.
Ami de la France, parfait francophone, vous vous attachez au cours de votre carrière à développer plus encore les liens avec notre pays. Vous effectuez ainsi de très nombreux séjours d’enseignement en France, où vous donnez également des conférences en français. Vous êtes également membre de l’Association « Henri Capitant » des Amis de la culture juridique française, fondée par cet éminent juriste qui, pour l’anecdote, fut fait docteur honoris causa de l’Université de Varsovie dans l’entre-deux-guerres.

Vous avez également été membre du conseil scientifique de l’Académie polonaise des Sciences à Paris et chargée par celle-ci des relations scientifiques franco-polonaises dans les années 90.

Spécialiste reconnu du droit comparé du travail et du rôle des partenaires sociaux, auteur de nombreuses monographies et d’articles à ce sujet, vous conseillez la délégation polonaise à la Conférence internationale du Travail de l’Organisation internationale du Travail pendant de nombreuses années, et présidez également à plusieurs reprises des commissions de cette Conférence.

Vous conseillez également le vice-Premier ministre, ministre du Travail et de la Politique sociale dans le gouvernement de Jerzy Buzek. Vous vous attelez alors avec talent et compétence à la tâche qui vous incombe de rapprocher le droit du travail polonais du droit européen en la matière, en préparation de l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne.

Docteur, cher Marek Pliszkiewicz, votre action inlassable depuis tant d’années au service du rapprochement des cultures juridiques française et polonaise, votre engagement prouvé et constant en faveur de la francophonie et de l’usage du français dans les instances internationales, votre participation remarquable au rayonnement de la France en Pologne, vous valent d’être aujourd’hui nommé officier de l’Ordre national du Mérite.

Marek Pliszkiewicz, au nom du Président de la République, nous vous faisons officier de l’Ordre national du Mérite.

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Dernière modification : 07/11/2012

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