Réception à l’occasion du numéro de la revue "Mówią Wieki" intitulé "Z Francją ku niepodległości". [pl]

Monsieur le Directeur,
Monsieur le Rédacteur en chef,
Cher Bogdan Borucki,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous accueillir à la résidence de France à l’occasion de la publication de ce numéro exceptionnel de Mówią Wieki intitulé Z Francją ku niepodległości.

L’année 2018 – et le 11 novembre qui approche – revêtent une importance particulière pour nous tous. Alors que pour nous, Français, elle commémore la fin d’une guerre qui, par son atrocité et sa durée, a touché chaque famille et a eu un impact profond sur notre pays, elle marque pour vous, Polonais, le centenaire de l’indépendance recouvrée après 123 ans de partages.

C’est aussi le point de départ d’une période importante de notre relation bilatérale qui voit la France soutenir diplomatiquement et militairement les premiers pas du jeune Etat polonais. Nous en connaissons les temps forts :
-  la constitution de l’Armée bleue du général Haller en France, en 1917, au plus profond de la Grande Guerre ; notre exposition a eu beaucoup de succès ;
-  le Traité de Versailles, actant l’indépendance de la Pologne, voulue par Clemenceau ;
-  la création de la mission française en Pologne, où s’illustrèrent le général Weygand et le jeune capitaine de Gaulle, et son rôle dans la formation et le soutien de l’armée polonaise, qui trouva son point d’orgue au moment de la guerre polono-bolchevique ;
-  sans oublier les moments symboliques forts, tels que l’élévation du maréchal Foch au titre de maréchal de Pologne en 1923.

Cent ans après, il convenait de rappeler à un large public ces pages de notre histoire commune. C’est la tâche qu’ont entrepris les excellents magazines d’histoire polonais et français que sont Mówią Wieki et L’Histoire, à partir des travaux des meilleurs historiens de nos deux pays et avec le soutien précieux de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale. Le résultat en est ce numéro exceptionnel de Mówią Wieki, du mois d’octobre, dont le dossier principal s’intitule « Avec la France, vers l’indépendance » et qui nous rassemble aujourd’hui.

Je salue le comité de rédaction, en particulier son responsable, Michał Kopczyński, et l’éditeur, Bogdan Borucki. J’ai également une chaleureuse pensée pour le comité de rédaction de L’Histoire, en particulier la directrice, Valérie Hannin. J’adresse à toutes et à tous mes félicitations pour ce beau travail.

Je vous invite à découvrir l’exposition de photographies que l’Institut français de Pologne a réalisée sur les premières années de l’indépendance polonaise, où vous retrouverez les grandes figures de ce moment d’histoire partagée.

Et nous préparons d’autres initiatives pour l’année prochaine. Il s’agit notamment d’accueillir une autre exposition produite avec le soutien de la Mission du centenaire intitulée « A l’Est la guerre sans fin, 1918-1923 ». Elle vient d’ouvrir au musée de l’Armée aux Invalides à Paris. Je vous conseille vivement de la visiter. Son originalité est de montrer les bouleversements intervenus à l’Est après l’armistice sur les décombres des empires vaincus : révolutions, guerres civiles, pogroms, expulsions de masse… Je vous recommande d’ailleurs la lecture des travaux de Robert Gerwarth, cet historien irlandais et son ouvrage « Les vaincus ».

Je suis certain que votre publication suscitera un grand intérêt. Français et Polonais partagent la même passion de l’histoire. Elle nous offre la lecture côte à côte d’une des pages les plus importantes de l’histoire franco-polonaise. Elle nous permet de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et de construire le monde de demain.
J’ai participé en avril dernier à l’inauguration du square du Maréchal Foch à Poznań, une belle cérémonie, en hommage à sa visite en mai 1923. L’enthousiasme et la ferveur de la population avaient profondément touché cet éminent soldat. Selon les mots du Maréchal, « Un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». Nous devons faire vivre ensemble notre mémoire commune pour construire notre avenir européen. N’oublions pas que notre Union européenne est l’enfant des horreurs que nous avons vécues au siècle dernier.
En cette année si riche en commémorations, notre devoir est de tirer notre énergie de notre histoire commune pour le bien-être de nos futures générations et la préservation de la paix en Europe et dans le monde.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 12/10/2018

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