La communauté internationale s’engage pour protéger le patrimoine en péril

A l’initiative de la France et des Emirats arabes unis, une conférence internationale a réuni les 2 et 3 décembre 2016 à Abu Dhabi les représentants d’une quarantaine d’Etats déterminés à adopter des mesures de protection du patrimoine culturel menacé par le terrorisme ou les conflits armés.

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Cette réunion, préparée depuis trois ans avec la participation d’Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, est la réponse de la communauté internationale aux attaques de plus en plus nombreuses commises ces derniers temps contre des sites archéologiques et des œuvres d’art comme en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali ou encore en Syrie, où la cité antique de Palmyre a été en 2015 mise à sac par Daesh. Cinq lauréats du prix Nobel de la paix ont également appelé « les gouvernements, l’Unesco et la société civile à se mobiliser pour protéger et sauvegarder le patrimoine culturel de l’humanité ».

La France, riche d’une longue tradition de missions archéologiques à l’étranger et d’expériences réussies dans les domaines de la protection, conservation et reconstruction de sites endommagés, a présenté lors de la conférence trois priorités à décliner aussi bien au niveau national qu’international :

  • la lutte contre les trafics de biens culturels ;
  • la création de refuges pour que les œuvres ne tombent pas entre les mains des terroristes ;
  • la conservation de la mémoire des sites au travers de la numérisation des archives et du soutien apporté aux chercheurs étrangers.

A l’issue de la rencontre, les quarante Etats participants mais aussi les représentants présents d’organisations internationales et d’institutions privées ont adopté la déclaration d’Abou Dhabi par laquelle ils « réaffirment leur volonté commune de sauvegarder le patrimoine culturel en danger de tous les peuples, contre sa destruction et son trafic illicite ». Ils s’engagent à :

  • « constituer un fonds international pour la protection du patrimoine culturel en péril en période de conflit armé, qui permettrait de financer des actions préventives ou d’urgence, de lutter contre le trafic illicite de biens culturels ainsi que de participer à la restauration de biens culturels endommagés » ;
  • « créer un réseau international de refuges pour sauvegarder de manière temporaire les biens culturels mis en péril par les conflits armés ou le terrorisme sur leur territoire, ou, s’ils ne peuvent être en sécurité au niveau national, dans un pays limitrophe, ou en dernier ressort dans un autre pays, en accord avec les lois internationales à la demande des gouvernements concernés, et prenant en compte les caractéristiques nationales et régionales et le contexte des biens culturels à protéger. »

La France a d’ores et déjà annoncé qu’elle contribuera à hauteur de 30 millions d’euros à ce fonds international, dont l’objectif initial de collecte est de 100 millions d’euros. En novembre, le président de la République François Hollande avait aussi proposé que le centre de réserve du Louvre à Liévin devienne le centre refuge français pour les œuvres menacées. Enfin, à partir du premier trimestre 2017, le site internet patrimoineprocheorient.fr, créé par le ministère de la Culture et de la Communication, sera disponible en anglais et en arabe afin de préserver la mémoire du patrimoine du Proche-Orient et de le rendre accessible auprès du plus grand nombre.

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Le futur Centre de conservation du musée du Louvre à Liévin
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Dernière modification : 13/12/2016

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