La Nuit des Idées - Exposition "Générations" de Mme Rachel Poignant à Królikarnia [pl]

Madame la directrice,
Chère Rachel Poignant,
Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi de lancer avec vous la seconde édition polonaise de la Nuit des idées. Cet événement, à l’initiative de l’Institut français, se déroule dans 70 pays avec plus de 150 rencontres. Nous voulons qu’elle soit une véritable « fête de la pensée ».

L’année dernière, j’avais ouvert un débat sur « le pouvoir de la création » lors d’un évènement au NINA, institut national de l’audiovisuel.

Nous vous proposons cette fois un parcours dans Varsovie sur le thème de « l’imagination au pouvoir ». Ce slogan de mai 68 en France, sera prétexte à discussions sur la puissance des utopies, de la création, de l’imaginaire. Occasion aussi de s’interroger sur les événements de 1968 en Europe, - très différents je le sais en France et en Pologne -, et leurs échos contemporains.

Vous avez été nombreux à réagir et à initier le débat sur nos réseaux sociaux. Les plus jeunes ont été particulièrement actifs. Ils ont participé tant à la chasse au trésor organisée à la Galerie Nationale Zachęta qu’au concours permettant aux heureux gagnants de découvrir cet après-midi les coulisses de l’Opéra National et la répétition de Pelléas et Mélisande, l’opéra de Claude Debussy, de ce soir. J’ai eu beaucoup de plaisir à être avec eux.

Aujourd’hui, je forme le vœu que l’effervescence de la réflexion nous passionne. Je remercie la mairie de Varsovie pour son patronage et nos partenaires. Une projection au cinéma Muranów du film « Le redoutable » (Ja, Godard) de Michel Hazanavicius aura lieu tout à l’heure, suivie d’un débat.

Ici, c’est le prisme créatif qui est proposé à partir de l’œuvre et de l’exposition « Générations » de Rachel Poignant.

Je voudrais d’abord adresser quelques mots et quelques pensées à sa commissaire, Anka Ptaszkowska, qui n’a pu venir aujourd’hui. Son parcours et sa personnalité me semblent incarner à la perfection les liens entre le monde polonais de l’art et l’Ouest. Arrivée à Paris dans le sillage du « 68 » français, elle a contribué, tant avec la galerie Foksal à Varsovie qu’avec la Galerie 1-37 à Paris, à développer les échos de ces deux mondes, en bravant les contingences politiques, avec son énergie bien connue, en cherchant sans cesse la « rupture » comme première pierre de la liberté.

Cette grande figure de l’art contemporain m’a parlé avec passion de l’œuvre de Rachel Poignant. J’en dirai peu et laisse le soin à Jean-François Chevrier, critique d’art renommé et modérateur du débat, d’éclairer son travail et de brasser nos idées.

Je dirai simplement que mon imaginaire a beaucoup vibré en découvrant ses sculptures : comment naissent des formes ? que voyons- nous dans ces fragments ? des coquillages, des ruines, des corps, des pièces industrielles, l’usure du temps ? C’est pour moi, tout simplement, oserai-je dire, la puissance de la création artistique.

Enfin, je remercie bien évidemment notre hôte, Mme Agnieszka Tarasiuk, pour ses choix artistiques toujours exigeants et son engagement passionné avec nous dans cette Nuit des idées 2018.

Dernière modification : 26/01/2018

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