Inauguration du Square Georges Clemenceau [pl]

Monsieur l’Ambassadeur,

Messieurs les Présidents,

Madame la Directrice,

Mesdames et Messieurs,

A quelques jours de la fin de ma mission en Pologne, je suis très heureux d’assister à l’attribution du nom de Georges Clemenceau à cette place au cœur de Varsovie, non loin de notre ambassade. Je remercie vivement les institutions à l’origine de cette initiative, tout particulièrement la Ville de Varsovie, pour l’avoir rendue possible.

Il y a cent ans, le 28 juin 1919, était signé le Traité de Versailles. Après plus de 120 ans pendant lesquels la Pologne avait disparu de la carte de l’Europe en tant qu’Etat, après quatre ans d’un conflit généralisé, ce traité confirmait l’indépendance recouvrée de la Pologne. L’un de ses principaux artisans fut Georges Clemenceau. La France se porta très vite aux côtés de la toute jeune République avec l’envoi d’une Mission militaire dont nous célébrerons tout à l’heure la création.

Cette attention portée à la Pologne venait de loin. Dans son enfance, ce fils d’un républicain farouche et combatif avait vibré au Printemps des Peuples qui, en 1848, voulaient se dégager de la domination des grands empires et se constituer en Etats. Malgré les insurrections de 1831 et 1863, la Pologne n’avait pu accéder à cette renaissance. Le combat incessant pour y parvenir mené par l’émigration installée en France et à Paris en particulier, accompagnait la réflexion politique des opposants au Second Empire, dont Clemenceau faisait partie. Pour le vieil homme qu’il était devenu en 1919, faire établir par un traité l’indépendance de la Pologne constituait donc le résultat d’une fidélité au combat qu’il avait mené toute sa vie : le combat pour la liberté.

Libertés des peuples mais aussi libertés individuelles. Comme l’a bien montré Jean-Noël Jeanneney, que nous recevions à Varsovie, il y a quelques mois, pour le lancement de son livre sur le « Tigre » en traduction polonaise et le vernissage de l’exposition intitulée « A l’Est, la guerre sans fin » que vous pouvez voir sur les grilles de l’ambassade, Clemenceau a toute sa vie défendu l’autonomie et la dignité de la personne humaine. Il combattait les dogmatismes, qu’ils soient religieux — il fut un ardent défenseur de la laïcité — ou politiques — son opposition au colonialisme fut forte. Infatigable défenseur de la justice, il allait, par sa plume de journaliste, s’engager avec détermination dans l’Affaire Dreyfus. Enfin, son ardeur et son talent oratoire si renommés dans le cadre parlementaire, témoignent de son attachement viscéral à la démocratie. Il était un personnage hors norme, ne baissant jamais les bras, jamais battu, toujours combatif, présent sur tous les fronts de la vie politique et littéraire. Il était un homme debout qui ne resta jamais enchainé.

Toutes ces valeurs et qualités, le nom de Clemenceau les incarne encore aujourd’hui. Ce sont elles, avec la célébration de l’amitié entre nos deux pays, qui résonnent aujourd’hui au cœur de Varsovie.

Dernière modification : 25/09/2019

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