Inauguration de l’exposition sur l’Armée bleue du général Haller (8 juin 2017) [pl]

Mesdames et Messieurs les honorables parlementaires,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Dimanche dernier, à l’invitation du ministre de la Défense, j’ai participé aux premières cérémonies polonaises célébrant la création de l’armée bleue dite de Haller. C’était un moment émouvant, car il rappelait la longue continuité historique de la relation entre nos deux pays ; c’était aussi un moment émouvant, car la présence de lycéens, habillés en uniformes d’époque, venait nous appeler à préserver pour l’avenir cet héritage commun, qui est le combat que nos ancêtres ont mené ensemble pour la paix et que nous poursuivons aujourd’hui.

Il y a tout juste cent ans, le président de la République française, Raymond Poincaré, signait le décret créant sous le haut commandement français l’armée polonaise autonome, sous le drapeau polonais. Cet acte, dans la tourmente d’une Première Guerre mondiale qui paraissait sans fin, a constitué un moment remarquable dans la relation franco-polonaise. C’était aussi un signal politique très fort, et qui ne se démentira pas, du soutien indéfectible de la France à la cause polonaise, notamment lors de la négociation du Traité de Versailles.

L’armée de Haller comptera à terme 50 000 soldats polonais issus pour une grande partie de France, 10 000 volontaires français et des volontaires venant des pays alliés. Elle a été dès son origine portée par un authentique engouement populaire, comme en témoignent les drapeaux offerts par plusieurs grandes villes françaises. De Sillé-le-Guillaume à Bayonne, en passant par le Mans et Laval, la France a apporté son aide matérielle et militaire à cette nouvelle armée polonaise, en ouvrant des camps d’entraînement et d’instruction. Pour sa part, le président du Conseil, Georges Clemenceau, salua à l’occasion la bravoure et la valeur du soldat polonais sur les champs de bataille. C’est ainsi que la Pologne, combattant allié, put en toute légitimité prendre part le moment venu aux pourparlers de paix.

Comme le disait Erasme Piltz, alors représentant du Comité national polonais de Paris, « ce décret est le premier acte concret et positif vers la réalisation de l’Etat Polonais ». Comme une étincelle extraordinaire, il contribua à raviver la flamme de la Pologne et à faire claquer le drapeau polonais sur la carte de l’Europe. Cet acte fondateur ouvrit la voie vers l’indépendance retrouvée de 1918.

Je suis honoré et heureux d’être parmi vous, amis polonais, pour rendre hommage ensemble au Général Haller, commandeur de la Légion d’honneur, et à nos glorieux ancêtres à ses côtés et relire une des pages les plus éminentes de notre histoire commune. Je suis également heureux d’ouvrir avec vous aujourd’hui ce cycle conjoint de commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale et au-delà, qui permettra de rappeler à nos enfants ces pages exceptionnelles d’histoire entre la France et la Pologne : en 2018, avec la double commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale et de l’indépendance retrouvée de la Pologne ; en 2019, avec notamment le centenaire du Traité de Versailles.

Je remercie nos partenaires qui ont rendu possible l’exposition consacrée à l’armée de Haller, qui sera sur les grilles de l’ambassade tout l’été, avant de partir en tournée pour un an en Pologne. Mes remerciements vont à la mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, l’Institut français de Pologne, les entreprises DCNS et Thales, le Centre de Civilisation française et d’Etudes francophones de l’Université de Varsovie, ainsi qu’à l’ECPAD - Etablissement de Communication et de Production audiovisuelle de la Défense, qui nous a fourni les photos. J’adresse aussi mes très vifs remerciements au colonel Frédéric Guelton, conseiller scientifique auprès de la Mission du Centenaire, sans qui cette exposition n’aurait pas pu être possible.

Je vous remercie.

Dernière modification : 09/06/2017

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