Inaguration de l’exposition « Marek Edelman. L’Homme », Łódź, le 17 avril 2019 [pl]

Madame la députée,
Monsieur le maire,
Monsieur le président du conseil municipal,
Madame la directrice, chère Joanna,
Chers Anna et Aleksander Edelman, et membres de leurs familles,
Mesdames et messieurs,

Je vous remercie de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui, en présence de la famille de Marek Edelman et à l’avant-veille du 76e anniversaire de l’insurrection du ghetto de Varsovie.

Marek Edelman parlait français, il était proche de mon pays, une partie de sa famille a choisi d’y vivre. Il y a déjà un peu plus de 10 ans – vous le savez peut-être déjà – la France a promu Marek Edelman au grade de commandeur de la Légion d’honneur. J’ai choisi de mentionner cette très haute distinction car c’est ainsi que la France a rendu hommage à un combattant de la liberté, engagé pour la dignité humaine, luttant contre les totalitarismes, contre l’antisémitisme. Mon pays a honoré une grande figure de l’histoire de la Pologne, de sa mémoire juive, une Pologne où il est resté, traversant les pires épreuves. La vie est une valeur première à préserver, telle a été, me semble-t-il, une des inspirations de son parcours, de ses combats des insurrections de Varsovie en 1943 et 1944, jusqu’à la fin de son émérite carrière de médecin cardiologue.

Je me tiens devant vous avec une émotion particulière. Marek Edelman fait partie de la galerie de mes héros. Mon admiration est celle de l’épopée des combattants du ghetto qui ne voulaient pas mourir à genoux.

Mon admiration est celle de l’homme qui avait tout compris : que la Shoah est une défaite de la civilisation, que les valeurs de l’Europe doivent inspirer notre engagement contre la haine de l’Autre et l’indifférence à ceux qui sont opprimés ou massacrés de l’autre côté du mur du ghetto.

Il incarnait cet esprit de résistance dont nous avons tant besoin aujourd’hui quand la démocratie libérale et la construction européenne ne sont plus des évidences. Nous nous devons de poursuivre le travail de mémoire, basé sur la connaissance des réalités historiques et la conscience de leur complexité. C’est un travail de tous les jours que le centre du dialogue, où nous nous trouvons, contribue à réaliser avec la plus grande rigueur. J’ai donc hâte de découvrir cette nouvelle exposition « Marek Edelman. L’Homme » (Marek Edelman. Człowiek).

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 19/04/2019

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