Discours à l’occasion de la Fête nationale (Varsovie, le 14 juillet 2018) [pl]

Monsieur le Président du Sénat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est un immense plaisir pour moi, mon épouse Marie-Sophie et mon équipe de vous accueillir à la résidence de France. Je remercie chaleureusement les hautes personnalités du gouvernement et du Parlement polonais qui nous font l’honneur de partager avec nous ce moment de concorde nationale, tout particulièrement le ministre des affaires étrangères, M. Jacek Czaputowicz, qui a bien voulu prendre la parole. Nous retrouvons aussi avec joie beaucoup de nouveaux amis polonais connus depuis deux ans.

Je voudrais ensuite remercier chaleureusement nos généreux partenaires : Airbus, Auchan, Orange, Orbis, Thales, Canal Plus, Lactalis, Michelin, Renault, et beaucoup d’autres mobilisés pour faire de ce jour une réussite.

Le 14 juillet est aussi l’occasion de célébrer l’amitié entre la France et la Pologne, enracinée dans une longue histoire, tout particulièrement cette année. Vous le savez, nous commémorons à la fois le centenaire de la fin de la première guerre mondiale et celui du recouvrement de l’indépendance de la Pologne.

En France, cette année est dédiée à Georges Clemenceau, le « père la victoire », grand artisan de la paix et défenseur infatigable de la Pologne, récompensé par les distinctions de docteur honoris causa de l’Université Jagellonne et de l’ordre de l’Aigle blanc. L’armée Haller fut créée en juin 1917. Dès juin 1918, Clemenceau déclare devant les Alliés que « la France n’épargnera rien pour ressusciter la libre Pologne selon ses aspirations nationales et dans le cadre de ses limites historiques ».

Cette alliance franco-polonaise dans l’indépendance s’est poursuivie après l’armistice du 11 novembre 1918 et la signature du traité de Versailles. Pour vous, amis polonais, ce n’est que l’arrêt des combats sur le front de l’Ouest, car la guerre a repris à l’Est. La France s’est portée au secours du jeune Etat polonais en engageant dans la guerre polono-bolchévique des officiers, dont un certain capitaine promis à un grand avenir, Charles de Gaulle. Vous pouvez découvrir ici l’exposition consacrée à cette période. Nous préparons aussi des initiatives pour 2019 dans le cadre du centenaire de la signature du traité de Versailles et du rétablissement de nos relations diplomatiques.

Le président de la République a invité les chefs d’Etat ou de gouvernement de 84 pays, dont la Pologne, à Paris, le 11 novembre. Je sais, bien sûr, que les plus hautes autorités polonaises seront ici, entourées de leur peuple, en ce grand jour. Mais nous espérons vivement que la Pologne sera représentée à Paris. Cette synchronisation mémorielle est un symbole très fort de notre amitié.
Il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux, disait Victor Hugo. N’oublions pas aussi les horreurs du passé. La Pologne qui a vécu tant d’années de déchirement et d’oppression le sait. Nous devons puiser de l’énergie dans ce passé commun pour avancer.

C’est pourquoi, en marge de ces commémorations, le président Macron vous a invité au 1er Forum de Paris sur la Paix. Se souvenir, réfléchir, réagir, construire un avenir qui ne ressemble pas à ce passé des années 20 et 30, lorsque les politiques de puissance régnaient, l’ordre international se délitait, les pays se refermaient.

L’avenir que nous voulons construire a un nom, c’est l’Union européenne. Je jette sur ses réalisations un regard lucide et ne méconnais pas les interrogations et critiques actuelles. Mais ne perdons pas de vue ses acquis fondamentaux : la paix et la prospérité. La Pologne fait partie des plus belles réussites européennes.

Aujourd’hui, nombre d’évidences ne vont plus de soi : l’intégration européenne, la force de la relation euro-atlantique, un ordre international bâti sur des règles, les valeurs mêmes de l’Occident.

Pour répondre à ces défis, nous avons une responsabilité collective d’Européens, et tout particulièrement nous, Français et Polonais. Cette responsabilité collective tient d’abord à notre histoire si intime, à notre appartenance à l’Union européenne et à l’OTAN, à nos liens économiques : vos succès sont les nôtres. Je pense en particulier à nos échanges commerciaux de 19 Md EUR, à notre stock d’investissement d’environ 18 Md EUR en 2017. Je mentionne aussi le dynamisme de nos échanges culturels, universitaires et scientifiques, comme l’a montré le 4ème forum franco-polonais de la science et de l’innovation. Les Entretiens de Varsovie, le mois dernier, que le Premier ministre Mateusz Morawiecki a bien voulu honorer de sa présence, ont été consacrés à l’intelligence artificielle, un des enjeux les plus actuels.

Ces quelques rappels pour souligner combien la France est activement engagée en Pologne, pour contribuer à sa stratégie de croissance axée sur l’innovation. Nous souhaitons aussi que les investissements polonais se développent dans une France qui se transforme.

J’en viens au cadre politique. La première année du quinquennat d’Emmanuel Macron nous a permis de renouer le dialogue, sans esquiver les difficultés : les contacts ont repris au plus haut niveau, tout comme les visites ministérielles, parmi lesquelles celle de M. Czaputowicz en avril ; la visite à Varsovie du président du Sénat a été un autre temps fort. Nous travaillons à donner à notre relation politique tout son potentiel, en traitant toutes les questions dans la concertation et la clarté, bilatéralement et dans le format Weimar.

Les sujets ne manquent pas. La France a fait des propositions ambitieuses pour l’avenir de l’Union. Tout est proposé, rien n’est imposé. Le débat est salutaire. Des élections au Parlement européen auront lieu en mai 2019. Notre avenir se jouera en grande partie dans la négociation du prochain budget européen. L’équation est extraordinairement complexe. Soyons conscients qu’il s’agit de définir ce que nous voulons faire ensemble dans la prochaine décennie, et non d’un simple exercice comptable. Il est un autre défi que nous voulons relever avec vous : la lutte contre le dérèglement climatique. Avec la COP 24 à Katowice, la Présidence polonaise aura des responsabilités de premier plan, particulièrement pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris. La Pologne peut compter sur le soutien de la France pour en faire un succès. Nous espérons aussi que les nombreuses initiatives des villes polonaises qui s’illustrent à travers le concours Eco-miasto de cette ambassade seront mises en valeur.

Enfin, tout cela ne serait pas possible sans la sécurité. La France sait combien cette préoccupation est, à juste titre, si cruciale pour la Pologne. Avec son modèle d’armée complet de premier ordre, elle est engagée pour la sécurité des Européens à l’Est, comme au Sud, et attentive à la bonne articulation entre l’Union européenne et l’OTAN. Son industrie de défense est performante. Tout récemment, le Président de la République a réaffirmé nos engagements au Conseil européen, qui a donné une nouvelle impulsion à l’Europe de la défense, puis au sommet de l’Alliance.

Vous avez compris que la France et la Pologne ont de grandes choses à faire ensemble.

Ce 14 juillet est aussi placé sous le signe du sport. Nous avons tous vibré en suivant l’expédition de sauvetage d’Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz sur le Nanga Parbat. Certains de ces héros sont parmi nous : Jaroslaw Botor et Piotr Tomala ainsi que les membres de l’expédition polonaise sur le K2. La République ne les oublie pas. Je leur exprime à nouveau notre profonde admiration et reconnaissance.

Je salue également des membres de l’équipe de France d’escrime en fauteuil venus pour la coupe du monde à Varsovie.

Enfin, - vous l’entendez certainement -, mon cœur bat fort en cette veille de finale de la coupe du monde de football. La compétition a été belle et les équipes européennes ont été à l’honneur depuis les demi-finales. Allez les Bleus !

Drodzy przyjaciele,
Niech żyje Francja !
Niech żyje Polska !
Niech żyje przyjaźń francusko-polska !

Monsieur le Ministre, merci à nouveau d’être parmi nous. Je vous laisse la parole.

Dernière modification : 16/07/2018

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