Communiqué de l’ambassadeur sur les propos du Président de la République après le Conseil européen [pl]

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Communiqué de l’ambassadeur de France en Pologne

Le 13 décembre, un certain nombre de médias polonais ont affirmé que, lors de la conférence de presse après le Conseil européen, le président de la République française Emmanuel Macron aurait menacé d’exclure la Pologne des mécanismes de solidarité financière de l’UE si celle-ci ne se ralliait pas à l’objectif de neutralité carbone en 2050.
Il me paraît essentiel de corriger les erreurs et les approximations de ces publications pour dissiper tout malentendu.

Sur l’objectif de neutralité carbone : le président Macron a simplement expliqué la signification des conclusions du Conseil européen et n’a menacé personne.

Lors de la conférence de presse, le président de la République a précisé que tous les pays du Conseil européen souscrivent à l’objectif de neutralité carbone, mais que la Pologne a demandé une exception sur la mise en œuvre de cet objectif, « car elle considère aujourd’hui qu’elle a besoin de plus de temps » et bénéficie donc d’un « délai pour confirmer d’ici le mois de juin qu’elle mettra en œuvre cet objectif au niveau national  ».
Le président a ensuite simplement expliqué ce que cela signifie pour le Conseil européen : « Cette exception ne ralentit en rien la mise en œuvre du Pacte vert et si in fine la Pologne ne confirmait pas sa participation à cet objectif, elle se placerait elle-même en dehors des mécanismes européens, notamment de solidarité financière.  »
Il s’est dit enfin confiant dans la capacité de tous les pays européens à confirmer cet engagement à 27 dans un avenir proche.

Sur la solidarité financière : pour la France, il est essentiel que l’UE soit solidaire pour la transition des pays qui ont mix énergétique plus carboné.

Le président de la République s’est réjoui du soutien politique du Conseil européen au principe de solidarité européenne en matière de transition climatique. Pour la France, ce principe est essentiel car la transition coûte cher pour les pays qui ont un mix énergétique plus carboné ou qui ont moins de ressources.
Il a tout particulièrement tenu à dire au Premier ministre polonais que la France soutient le Fonds de transition juste et une solidarité financière pour les pays qui ont un mix énergétique qui les fait partir de plus loin que ceux qui un mix plus vertueux. « Il y a des pays comme la Pologne qui partent de plus loin. Il convient donc de les aider à faire ce chemin et d’acter un investissement plus massif. Cette solidarité est légitime. »
Sa conclusion a été très claire : sans solidarité, l’UE ira moins vite et perdra du temps, surtout en matière climatique.

Frédéric Billet
Ambassadeur de France en Pologne

Dernière modification : 15/01/2020

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