Cinquième anniversaire de l’accord de Paris [pl]

Tribune des ambassadeurs de France, du Chili, du Royaume-Uni et d’Italie en Pologne (11 Décembre 2020)

La pandémie de COVID-19 a montré à quel point nous sommes impuissants face aux forces de la nature et à quel point ce problème est mondial, tout comme le changement climatique. Afin de surmonter cette crise socio-économique, nous ne pouvons pas revenir aux anciennes pratiques. Quitter la pandémie et se remettre de la COVID-19 est une occasion précieuse de faire avancer l’action climatique avec encore plus de détermination et d’ambition. Cela permettra d’améliorer nos conditions de vie, de stimuler l’économie verte et de construire une société plus résistante. C’est-à-dire atteindre des objectifs conformes au message de l’accord de Paris sur le climat.

Pour marquer le cinquième anniversaire de l’accord de Paris, le Royaume-Uni, la France et les Nations unies organisent demain conjointement avec l’Italie et le Chili un sommet virtuel sur l’ambition climatique. Les dirigeants mondiaux auront l’occasion de présenter et d’annoncer de nouveaux engagements plus avancés, convenus au niveau national (NDC) et des stratégies et engagements à long terme sur l’objectif de zéro émissions nettes ; ainsi que de nouvelles déclarations sur le financement du climat et des plans d’adaptation ambitieux.

L’accord de Paris a été une étape importante, marquant le début d’un nouveau chapitre dans le cadre duquel tous les pays de la communauté internationale se sont mis d’accord sur un plan de travail coordonné et solidaire pour relever les défis du changement climatique. Il a également été un succès en matière de coopération internationale, ce qui a permis de réaffirmer les vertus du multilatéralisme. L’accord de Paris comprend un engagement commun visant à limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et à chercher à limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C au-dessus de ces niveaux.

Cette étape historique est le résultat de la conviction unanime que le changement climatique ne peut être combattu qu’en travaillant ensemble. La persévérance et le leadership de la France dans les négociations ont permis d’atteindre cet équilibre délicat, alliant la volonté d’accroître les efforts de protection du climat, en tenant compte des différentes possibilités et des circonstances internes de chaque pays.

Des progrès significatifs ont été réalisés dans la lutte contre le changement climatique au cours des cinq dernières années, mais les efforts ambitieux déployés pour protéger le climat restent insuffisants. Un nombre croissant de pays se fixent des objectifs plus ambitieux pour réduire les émissions de gaz et atteindre la neutralité carbone. Les annonces récentes du Royaume-Uni, de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud et d’autres pays méritent d’être soulignées. Pour sa part, l’Union européenne a annoncé la réalisation de la neutralité carbone d’ici 2050, ce qui recouvre toutes les émissions de gaz à effet de serre. En outre, de nombreuses banques, de grandes entreprises privées et le secteur financier ont décidé de concentrer leurs projets et leurs activités sur les secteurs de l’économie verte qui soutiennent le développement durable. De nombreux pays sont témoins d’une révolution dans les domaines des énergies renouvelables, de l’électromobilité et du développement urbain durable.

Toutefois, outre les objectifs de réduction des émissions fixés par les États membres et le secteur privé, une réalisation importante de ces cinq années du Pacte de Paris est l’approfondissement de la prise de conscience collective que le changement climatique est une menace réelle pour l’existence de l’humanité, dont les premiers effets se font déjà sentir sous la forme de phénomènes météorologiques extrêmes, de sécheresses, de destruction de l’écosystème et d’inégalités accrues. Aujourd’hui, la société attend encore plus d’un engagement fort de la part des gouvernements et du secteur privé pour prendre des mesures décisives et ambitieuses afin de faire face à cette menace mondiale.

La France, l’Italie, le Chili et le Royaume-Uni ont relevé le défi de maintenir l’élan donné par l’accord de Paris. Le Chili préside cette année le sommet COP25 sur le changement climatique, et le Royaume-Uni organisera un COP26 à Glasgow en 2021 en coopération avec l’Italie. En outre, le Royaume-Uni et l’Italie seront chargés de diriger les efforts multilatéraux en tant que présidences respectives du G7 et du G20. La voie menant à l’adoption complète de l’accord de Paris a été construite sur l’engagement de nombreuses parties. La Pologne a joué un rôle important lors du sommet COP24 à Katowice, qui a jeté les bases de la mise en œuvre de cet accord international.

Outre l’engagement en faveur de la coopération internationale, nos pays ont convenu d’objectifs ambitieux en matière d’atténuation et d’adaptation, convaincus que le leadership doit reposer sur des politiques et des hypothèses adoptées au niveau national. Le Chili a récemment annoncé des plans encore plus ambitieux pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le Royaume-Uni a annoncé des plans pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 68 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030, la plus grande réduction de toutes les grandes économies. En France, une nouvelle version de la stratégie nationale de réduction des émissions de carbone visant à atteindre la neutralité climatique en 2050 a été adoptée par une résolution en avril 2020. L’Italie est déterminée à annoncer une stratégie à long terme définissant la voie à suivre pour parvenir à des émissions nettes nulles d’ici 2050 au niveau national.

La science appelle à une action plus forte et plus audacieuse en matière de changement climatique. Les récents rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montrent que nous sommes encore loin d’atteindre les objectifs fondamentaux de l’accord de Paris. Même si tous les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau national étaient respectés, l’effort serait encore insuffisant pour atteindre l’objectif commun de l’accord de Paris. Il est donc nécessaire et urgent de faire preuve d’encore plus d’ambition.

Cela a également une importance économique. Le coût des énergies renouvelables diminue rapidement. Depuis 2010, le coût de l’énergie solaire a baissé de 85 % et celui de l’énergie éolienne de 49 %. Dans les deux tiers des pays du monde, ces sources d’énergie sont aujourd’hui moins chères que les nouvelles centrales au charbon ou au gaz.

Cela crée également d’énormes opportunités pour les entreprises et les investisseurs. L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) estime que la transformation du système énergétique augmenterait le PIB mondial de 2,4 % supplémentaires d’ici 2050, par rapport aux hypothèses actuelles.
Nous espérons vivement que la célébration de cet anniversaire ravivera la volonté politique des membres de la communauté internationale d’accroître leurs efforts et leur engagement en faveur de l’action climatique./.

Dernière modification : 01/02/2021

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