Centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Pologne [pl]

Le 4 avril 1919, M. Eugène Pralon, nommé Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de la République française, a présenté au chef de l’État polonais, Józef Piłsudski, ses lettres de créance signées par le président de la République française Raymond Poincaré. Cet acte marque le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Pologne, après que cette dernière a recouvré son indépendance à l’issue de la Première Guerre mondiale.

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Remise des lettres de créance par Eugène Pralon à Józef Piłsudski, le 4 avril 1919. Archives numériques polonaises (Narodowe Archiwum Cyfrowe, sygn. 1-D-614).

Un peu plus d’un mois auparavant, la France avait reconnu cette indépendance, le 23 février 1919 par une lettre de Stephen Pichon, Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Georges Clemenceau, adressée à Ignace Paderewski, président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères. « Des liens immémoriaux unissent la Pologne et la France. Dans aucun pays, la renaissance de votre pays, après un long martyre qui n’a pu l’abattre, n’a été souhaitée plus ardemment qu’en France et n’y aura un plus grand retentissement…. C’est avec une profonde émotion que je vous adresse les vœux de la France pour le bonheur et la prospérité de la Pologne renaissante », écrivait le Ministre des Affaires étrangères français.

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Copie d’un message du ministre français des Affaires étrangères Stephen Pichon à Ignace Paderewski, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, le 23 février 1919. (MEAE) Archives de la sous-direction d’Europe, 1918-1940, Pologne, volume 130 (106CPCOM/130), folio 22-v.
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Traduction en polonais du message du ministre français des Affaires étrangères Stephen Pichon à Ignace Paderewski, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, le 23 février 1919.
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Dans son discours, M. Pralon a rappelé la longue histoire de l’amitié entre la France et la Pologne en soulignant, en conclusion, la participation des soldats polonais aux combats de la Première Guerre mondiale et l’inscription des noms de sept généraux polonais sur l’Arc de Triomphe. Dans sa réponse, M. Piłsudski s’est réjoui du rétablissement des relations diplomatiques avec la France qui a toujours montré « le chemin du progrès et de la liberté  » et envers qui « la Pologne a contracté une dette de reconnaissance, car la victoire française a permis la reconstruction d’une Pologne indépendante ».

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Lettres de créance de M. Eugène Pralon, signées par M. Raymond Poincaré et adressées à M. Józef Piłsudski. (MEAE), Archives du service du Protocole, série A (fonds 123SUP), carton 69.
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Traduction en polonais des lettres de créance de M. Eugène Pralon.
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Józef Piłsudski et Eugène Pralon (premier à droite, à côté de M. Piłsudski) aux cérémonies de la Fête de la Constitution. Varsovie, le 3 mai 1919. Archives du Bureau d’histoire militaire de Pologne (Wojskowe Biuro Historyczne).
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Premier télégramme diplomatique de M. Eugène Pralon après sa remise des lettres de créance. Archives de la sous-direction d’Europe, 1918-1940, Pologne, volume 130 (106CPCOM/130), folio 38.
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Traduction en polonais du premier télégramme diplomatique de M. Eugène Pralon.
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A quoi servent des « lettres de créance » ?

Lorsque deux États nouent des relations diplomatiques, ils s’engagent à respecter mutuellement les principes d’égalité et de réciprocité dans le traitement de leurs affaires bilatérales. Par conséquent, les ambassadeurs nommés dans chaque pays doivent être officiellement reconnus dans leurs fonctions, c’est-à-dire accrédités. A cet effet, ils doivent d’abord recevoir l’agrément des autorités du pays où ils vont être affectés. A leur arrivée en poste, ils présentent, dans des délais variables, leurs lettres de créance signées par leur chef d’État ou de gouvernement aux autorités de l’État, lors d’une cérémonie solennelle. C’est alors que leur mission peut commencer officiellement.

Ce processus d’accréditation a longtemps relevé de la coutume internationale. Il a été codifié dans la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.

Dernière modification : 19/04/2019

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